Message d'erreur

Deprecated function : The each() function is deprecated. This message will be suppressed on further calls dans _menu_load_objects() (ligne 579 dans /home/billonli/public_html/gued-drupal-7.59/includes/menu.inc).

LE METIER DE BOYIKƆ OU BOKƆNƆ : UN SAVOIR-ÊTRE; UN SAVOIR-FAIRE

LE METIER DE BOYIKƆ OU BOKƆNƆ : UN SAVOIR-ÊTRE ; SAVOIR-FAIRE. Par NONGBEDJI GEDEGBE

 

« KU ADÃ, AZÕ ADÃ DO FI DÉ HUN BO YI KƆ », (La mort menace, la maladie menace quelque part, va t’y opposer)

En Afrique noire et en particulier au Dahomey, le besoin de connaître ou de découvrir les causes cachées des événements, qu'ils soient passés, présents ou à venir, est attesté par de nombreux systèmes divinatoires. Ceux-ci font appel à des spécialistes, devins, magiciens ou prêtres, qui, grâce à des moyens appropriés (manipulation d'instruments divinatoires, consultation par hypnose, transe, emploi de matériaux divers tels que noix de cola, sable, etc.. ou d'animaux variés, chacal, souris, araignée par exemple) et surtout grâce à une connaissance approfondie du monde et des gens, peuvent contribuer à trouver des solutions aux situations les plus diverses. La nécessité de cette recherche est mise en évidence par des événements incompréhensibles, tels que la maladie, la mort, des échecs répétés dans la vie sociale ou économique des individus, qui viennent en quelque sorte rompre l'équilibre patiemment établi entre le monde des vivants et celui des forces mystérieuses (ancêtres, divinités, forces naturelles, etc..). La divination n'est plus seulement alors une science du destin (envisagé dans sa continuité), mais aussi une science des relations qui se nouent entre les hommes et les dieux[1]. Au Danxomè, le seul personnage apte à pratiquer la divination est le BOYIKƆ. Selon la légende de Fa Tchètula klèbo Sa-Woli, un chasseur de la ville d’Ifè aperçut au cours d’une chasse un AGBÃLI (Antilope). Il voulut le tuer mais au moment où le coup allait partir, AGBÃLI se changea en homme : ne tire pas, dit-il, j’ai une bonne chose à te donner. Cet homme, apprendra au chasseur tous les secrets de Ifa Orunmila, d’innombrables légendes et tout ce qui concerne Ifa Orunmila de près ou de loin ; de sorte que le chasseur connut son propre destin. Avec ce bagage, il pouvait gagner de quoi manger jusqu’à la fin de ses jours. Alors le chasseur revient dans la ville d’Ifè essaya son nouveau métier (BOKƆNƆ). Il trouva bon et continua à l’exercer. C’est ainsi donc selon cette légende l’origine du métier de BOKƆNƆ.

Le BOKƆNƆ, de ce fait, est celui qui a été initié au pays d’Ifè. Il est  le père de tout ce qui vit sur terre, des rois et de leurs sujets, des parents et des enfants. C’est le père spirituel  de toute une collectivité et même d’un royaume. C’est un savant endogène détenteur du savoir, du savoir-faire, du savoir-être, du savoir-vivre ensemble et le savoir se transformer. Le BOKƆNƆ agit impérativement en père et donc en bienfaiteur. Ces qualités ont été observées chez ALABA GEDEGBE et bien d’autre BOKƆNƆ. Le rôle du devin consiste à se tenir à la disposition des gens que les inquiétudes ou les vicissitudes de la vie poussent chez lui. Il répond à leurs inquiétudes et les aident de son mieux à trouver leur équilibre physique, psychique et spirituel. Desservant de l’oracle, il doit dire la vérité à ses consultants, prier pour eux, conduire dans le bois sacré (forêt) ceux pour qui est arrivé le moment de recevoir la révélation de leur Fa, exécuter les sacrifices nécessaires. Il est l’interprète et l’intermédiaire de Fa, Fa en tant que parole puissante et vivante. Il est celui par l’entremise de qui les prêtres vodun eux-mêmes viennent demander la conjuration d’un mal physique, moral ou spirituel. C’est le « docteur des âmes ». A la fois prêtre, sacrificateur, prescripteur d’ordonnances et donneur de charmes, médecin et parfois pharmacien, le BOYIKƆ ou BOKƆNƆ a un rôle et un savoir-faire et être qui dépassent le fait d’être un simple sujet du roi.  Le respect qu’il inspire dépend de ses qualités : bonté, infaillibilité, exemplarité,  de la vie et de son âge. Il, le BOYIKƆ, ne reçoit ou n’exige rien de ses consultants. L’achat des éléments pour le sacrifice reste la charge du consultant. Le travail du BOYIKƆ exige donc professionnalisme.

 

 

Par NONGBEDJI GEDEGBE, SOCIOLOGUE-ANTHROPOLOGUE, CHERCHEUR FONDAMENTALISTE/ SPECIALISTE DU VODUN.   

 

[1] SAVARY C., 1976, La pensée symbolique des FON du Dahomey, Genève : MEDECINE ET HYGIENE, p218.

Catégorie blog: 

Articles récents

LA CONSULTATION DU IFA (FAKIKÃ) : UN COMMERCE AVEC LE  MONDE DIVIN. Par NONGBEDJI GEDEGBE.

KPƆLI LORS DE LA CEREMONIE DU FAZUN : LE SERVITEUR DU FA. (Un texte inspiré de Claude SAVARY et de Bernard MAUPOIL). Par NONGBEDJI GEDEGBE.

LE METIER DE BOYIKƆ OU BOKƆNƆ : UN SAVOIR-ÊTRE ; SAVOIR-FAIRE. Par NONGBEDJI GEDEGBE

 

« KU ADÃ, AZÕ ADÃ DO FI DÉ HUN BO YI KƆ », (La mort menace, la maladie menace quelque part, va t’y opposer)

LA TRINITE VODUN : LEGBA-MINƆ-NAN-FA. Par NONGBEDJI GEDEGBE.

LA DOT DANS LA FAMILLE GEDEGBE : LES ELEMENTS CONSTITUTIFS. Par NONGBEDJI GEDEGBE.